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Chapeaux !
Gracias Argentina ! La caravane et tout son cirque plie bagages. Prochaine destination, Sicilia, pour remonter le temps et tourner le début de l’histoire. Rendez-vous en septembre. Adios Argentina ! Hasta luego…

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Mar de leche, en couleur !!
Qui peut savoir vraiment quel film nous faisons ? Peut-être pas même Emanuele... Tous reste à découvrir, toujours, et c'est heureux. Merci à vous tous !
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De l'autre côté de l'océan, enfin...
Et si de l'autre côté de l'océan des légumes géants arrivés de nul part venaient s'échouer sur les côtes...
J'ai vu une tomate et une aubergine dériver dans les courants marins du Rio.
On se construit des illusions, on court après des visions. On laisse passer...
Croquer dans la chair, à pleines dents. Il y a bien assez pour être rassasié.
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Plus que quatre jours de tournage en Argentine, si tout va bien. Aujourd’hui quelque chose a basculé. Je réalise que je suis dans l’avion dimanche prochain. Oui, il y a encore le tournage de la partie sicilienne, le premier tiers du film, mais ça n’est pas avant les mois de septembre et d’octobre. Oui, c’est la fin du tournage argentin, là, demain. Fatigué, heureux de rentrer, largué, triste de repartir, ému, épuisé. Des sentiments confus. Et toutes les choses que je n’ai pas eu le temps de faire. L’opéra de Colon, Les chutes d’Iguazu, Les dîners avec certains, du temps à marcher dans la ville,… Et puis ce blog qui se tarit. Fait pour les proches surtout, je les retrouve dans huit jours. Sourire. Alors un petit peu moins envie d’écrire… Ce soir.
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Vie de marins
Les règles syndicales ne déterminent pas les horaires de travail des marins. Ce sont les marées, la mer et les vents. Les corps se plient et se soumettent à d’autres règles. Ils réagissent, forts, pleins d’intelligence pour tenir, supporter, s’adapter… On y goûte.
Nous avons appris hier que le Transmodal, de retour du Brésil, avait explosé son moteur au large de Buenos Aires. Un mort.
Ce matin tôt. Il fait encore nuit. La pluie et le vent. Rudes. Le capitaine décide de rester à quai. On limite les cadres de la caméra aux strictes limites du pont du bateau sans découvrir la mer, et nous tournons, trempés, la scène qui suit la tempête au milieu des grues du port : Les passagers suffoqués et souillés sortent prendre l’air du large…
Dans l’après-midi, une flotte de remorqueurs sortent en urgence du port par le canal sud. Au kilomètre 18, les deux remorqueurs qui tractent le Transmodal accidenté ne suffisent pas à faire face aux rafales de vents qui soufflent dans le Rio…
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Bravo !
Fière, carcasse monumentale sans moteur. Bien travaillé, l’eau glisse sur la coque d’acier, fin de journée… Regonflé, épuisé.

La nuit tombée. Sono et musique sur le pont du bateau. Les princes des flots qui entrent dans le port. Buenos Aires. Les lumières de la ville. Les quais des docks nous regardent rentrer. Fantastique. Les immigrants de la vieille Europe, dans leurs costumes usés, dansent sur du Funk et de la Techno.
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Dove va la nave ?
Joli transfert aujourd'hui ! Journée splendide. Pas de vent. On profite de chaque heure du jour, des premiers rayons du matin jusqu'au coucher du soleil qui disparaît derrière la mer.

Souvenez-vous. Là, trois mois plus tôt...
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Transfert
Nouvelle stratégie pour les deux dernières semaines. Embarqué pour le meilleur et pour le pire. Un climat d’insécurité, d’incertitude. Les passagers savent-ils où le navire les emmène ? Ils imaginent, mais que savent-ils ? La tension est palpable. La route vers l’inconnu, le nouveau monde. Voilà ce qu’il faut filmer, voilà ce qu'il veut capturer, Emanuele. Alors on ne va pas prévoir. Comme pour de vrai, et rejouer l’inconnu, exprès. On va filmer, c’est tout. Jours après jours, scènes après scènes, sans trop prévoir, sans programmer, sans planifier, tendu, à l’affût… Et voir, cette nouvelle manière, cette façon de faire... Pour y croire à la fin, avec eux les passagers, spectateurs assis dans l’obscurité devant des écrans géants et lumineux.
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Météorologie
Les vents ont tourné et nous ont empêchés de sortir du port de Buenos Aires ce matin. On savait que filmer sur un bateau n’était pas une chose facile. Pour la première fois depuis huit semaines, nous n’avons pas tourné de la journée ! Heureusement que celle d’hier, qui était notre baptême en mer, s’est passée merveilleusement. Du coup, nous prenons cette mauvaise nouvelle météorologique sans trop d’amertume et nous ne sommes pas totalement abattus. D’autant que nous savons aussi, que des solutions de replis seront possibles dès lundi. Il faut savoir que le port de Buenos Aires est un des plus compliqué qui soit. Les profondeurs de l’eau dans le Rio sont très faibles et varient avec les marées qui elles-mêmes varient avec les vents. Aucun instant ne ressemble au suivant, tout est mouvant, sans cesse, imprévisible, et jamais définit. Je repense à « la théorie de nuages ». Hier, nous sommes rentré au port, de justesse avec, par endroits, cinq centimètre entre le fond du Rio et le dessous de la coque du bateau… Une affaire de centimètres. Les chiffres rythment nos vies ! Nombres de jours de tournage, nombres d’heures de travail, nombres d’heures de sommeil, nombres de passagers, nombre de techniciens, nombres de kilomètres, de centimètres, de millimètres, vitesse du bateau, quantité d’argent dépensé, quantité d’argent qu’il reste à dépenser… Quantifier, mesurer, planifier, optimiser… Une lutte permanente pour rationaliser ce qui ne l’est pas, le vent, les nuages, les émotions, les douleurs, les plaisirs ou la fatigue.
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Etonnement
Je me souviens qu'un professeur d’acteurs m’expliquait, il y a longtemps, que l’étonnement était un ressort et une qualité fondamentales pour ceux qui voulait faire ce métier. Professeur d’acteurs, professeur de vie. Oui, je m’étonne que nous soyons parti ce matin, une équipe entière avec ses figurants, sur cet énorme navire sans moteur, tiré par deux remorqueurs, au milieu du Rio, sous la protection d’un capitaine bienfaisant et de tous ses marins. Oui, je m’étonne encore, après huit semaines de tournage, de ses visages que nous filmons, de ses hommes et de ses femmes qui chaque jour continuent à se vêtir pour construire, plans après plan ce monde ancien, cette histoire étrange, fascinante qui sait, toute faite d’illusions. Oui, je m’étonne aussi, que les aventures les plus invraisemblables, que les ciels les plus beaux, en mer, au coucher du soleil, finissent parfois par lasser certain, ou ne soient pas remarqués... Tout de même ! Quel beau métier !

Avant le départ, Emanuele nous explique la séquence du jour.
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Haiku
Fin du brouillard. Il est tard. Demain plein air ! En mer !
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Brouillard
Une partie du pont du bateau a été reconstruite dans un énorme hangar à l’abri du vent pour que nous puissions y faire du brouillard avec des fumées spéciales. Premiers contacts un peu déconcertant avec notre pont de troisième classe. En effet, une réplique tronquée n’est jamais comme un original ! (Le vrai, c’est pour la fin de la semaine, encore un peu de patience). Et nous passons de longues heures plongées dans une fumée épaisse, un brouillard danse, qui ne se dissipe pas. À la fin de la journée, nous avons perdu tous nos repères. On a la tête à l’envers. Plus de droite, ni de gauche. Le brouillard est partout, il s’est infiltré dans chaque recoin, et nous en avons respiré depuis tôt le matin. Alors bien sûr, nos esprits aussi sont enfumés… Les images capturées sont magiques, étonnantes, tout comme le reflet qu'elles impriment dans les yeux des passagers, qui eux aussi se demandent bien ce qui se passe sur le pont du navire.
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Comme souvent le Lundi ...
Sale journée. On ne tourne que deux plans ! Nous entamons les trois dernières semaines de travail en Argentine. Le tournage en mer dans deux jours et quelques autres décors un peu moins bien préparés... Cette partie du tournage nous paraissait si loin pendant la période de préparation ! Du coup, une journée pareille nous plonge directement dans un état d’alerte, un peu stressant c’est certain, mais salutaire probablement… Vigilance, vigilance, trois semaines, ça ressemblent à la fin, ça en a la saveur, après le port de Naples on croit pouvoir tout faire, mais ça n’est pas la fin ! Souriez, vous êtes filmé…
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Il faut trouver Charlie !

Charlie, c'est la façon dont Emanuele appelle Charlotte. Elle est belle, discrète. Elle intimide un peu. C'est son rôle aussi. Lucy. Une femme de mauvaise vie pour certain, mais fine et rafinée, et digne, très résignée aussi, pourtant indépendante, ferme, autoritaire, et qui porte, caché derrière ses silences et le miroir de son regard perdu, des secrets, des blessures, des cicatrices, des amours, des terreurs et d'autres choses encore que nos imaginaires se plaisent à découvrir en la voyant. Lucy. Un joli mystère, très solitaire. Et trois jours de folie avec elle sur le port de Naple ! Première rencontre sur ces quais entre elle et le clan des siciliens avec qui elle fera le voyage et l'expérience d'Ellis Island. Nous sommes tous fatigué et content. Deux jours de repos pour tous ! A lundi.
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24 images...
...c'est une seconde ! Les voici. Double clic sur l'image. En exclusivité mondiale !

Port de Naple. L'embarquement.
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Divine comédie

Quatre yeux pour une image. À la vie, à la mort ! La joie ou la douleur ! L’un, garde les siens grands ouverts, et l’autre les plisse pour mieux voir la lumière… À part les acteurs, il y a peu de monde vraiment indispensables pour qu’un film se fasse. Ces deux le sont ! (Lui, le réalisateur, indubitablement). Dans la journée, malade et fatiguée, elle est partie, forcée, se reposer. Et l’énorme machine que personne ne croit pouvoir s’arrêter, soudain, se grippe et s’enraye. Une personne malade et la bête massive s’essouffle et trébuche, genoux à terre. Le tournage s’est arrêté avant l’heure du déjeuner. Elle, c’est la directrice de la photo. Soins, repos, attention ! Les diagnostiques sont plutôt rassurants, heureusement. Stratégie comme on peut, au mieux, au plus juste, pour s’adapter et réagir… Grâce à dieu, nous devrions pouvoir reprendre le tournage demain matin. Ça tombe bien, car à l’aube, cinq cents personnes en costumes nous attendent sur le quai pour embarquer sur le Transatlantique baptisé « Dante » dans le scénario. Oh ! Divine comédie !
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